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 Into the night, we walk through fire. (Joan)

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Cleo Gilliam

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MessageSujet: Into the night, we walk through fire. (Joan)   Lun 28 Mai - 12:17

Joan et Cleo Gilliam.

Personne n'est à l'abri d'une imprudence, et ce jour là, ce fut au tour de Cleo de constater avec dépit l'exactitude de ces mots. L'odeur de brûlé s'était répandue à toute allure à travers le petit appartement qu'elle occupait, et pourtant elle n'en avait rien perçu. Il faut dire que ses pensées étaient bien loin de sa cuisine, puisque ce soir elle recevait sa soeur. Non pas que leur relation ait été tendue, mais elles ne s'étaient pas vues depuis la soirée où Joan avait embrassé Clay, un geste qui avait eu pour effet de faire s'éclipser Cleo tellement vite que l'on pouvait même se demander comment elle s'y était prise. Depuis, aucune explication n'avait été donnée, et si elles avaient eu quelques brefs échanges, elles n'avaient pas eu l'occasion - ou ne se l'étaient pas donnée - d'aborder le sujet de nouveau. Cleo n'en avait d'ailleurs qu'une envie mitigée. Elle n'était pas à l'aise sur ces pentes glissantes, et ne tenait surtout pas à un conflit entre elle et sa soeur. Elle préférait, et de loin, s'enfermer dans une légèreté feinte mais qu'elle connaissait si bien, plutôt que de découvrir ce qu'était la vie sans Joan, sa soeur mais aussi une excellente amie.
Pour cette raison, elle redoutait le dîner à venir, même si elle avait semblé enchantée lorsque l'idée lui avait été soumise. Cleo savait qu'à un moment où un autre, l'une d'elle évoquerait le sujet, c'était ainsi. Il n'était pas dans leurs habitudes de garder ce type d'épisodes pour elle, elles qui avaient toujours eu pour coutume de partager les moindres recoins de leurs cerveaux respectifs.
Installée sur le canapé et happée par ce flot de pensées, elle en oublia le gratin qui était au four, et lorsqu'elle le réalisa, le repas était déjà carbonisé. Le fait étant que Cleo l'avait préparé sur demande de Joan et qu'il avait brûlé, la soirée s'annonçait déjà sous les meilleurs auspices.
Alors qu'elle extirpait le plat noirci du four, elle entendit frapper à la porte. Contrairement à n'importe quel voisin, sa jumelle avait pris l'habitude de ne pas utiliser la sonnette, comme pour marquer que ce n'était pas n'importe qui mais elle, Joan.

« J’arrive, j'arrive ! » Scanda-t-elle. Elle avait beau ne pas avoir de difficile journée derrière elle pour justifier un comportement exaspéré, la perspective de ne pas pouvoir servir le menu prévu à sa soeur suffisait à la mettre de mauvaise humeur. Cleo posa le plat en vitesse et alla ouvrir à Joan, affichant un sourire, surprenant après sa réponse un peu austère.
« Salut ! » Fit-elle en l'accueillant d'une bise, avant de la faire entrer.« Bon, mauvaise nouvelle : le gratin ne ressemble plus à grand chose, suite à un séjour un peu trop long dans le four... » Un air dépité vint se peindre sur son visage, espérant que Joan ne s'offusquerait pas trop de voir ainsi ses perspectives de grand dîner partir en fumée. Joan prit ses aises dans l'appartement qu'elle connaissait bien, tandis que Cleo retournait en cuisine pour en finir avec le gratin qui finit sa course dans la poubelle. En espérant que la soirée ne serait pas un pareil échec, elle retourna auprès de Joan, deux verres à la main. Elle en tendit un à sa soeur. « Tiens, j'espère que ça te va. »Un discret sourire se dessina sur son visage. « Alors, ta journée ? » Le sujet Clay viendrait plus tard. D'abord, elle continuerait de se comporter de la manière la plus naturelle qui soit.

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Joan Gilliam

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MessageSujet: Re: Into the night, we walk through fire. (Joan)   Lun 28 Mai - 13:08



You eat like a baby dinosaur, you don't even chew.

« Joe, je te jure que tu me fais peur. Arrête de regarder mes frites comme ça, on dirait que tu vas...Je sais pas. Lâcher un filet de bave dessus. » En guise de réponse, je montre le plus beau de mes doigts -oui, je parle bien du majeur- et laisse tomber ma tête sur la table du fast food dans lequel nous avons pour habitude d'aller à notre pause déjeuner. Mon putain de collègue laisse échapper des soupirs de plaisir et se joue de moi en dégustant chacune de ses frites, et moi, je me contente de couiner de désespoir et de l'insulter dans ma barbe. C'est idiot, de ne pas vouloir manger le midi uniquement pour déguster le dîner de ce soir, mais voilà, il faut savoir que lorsque ma sœur se décide à me nourrir, je considère ceci comme une bénédiction, voir comme un rappel à l'ordre comme quoi il faut que j'arrête de manger trop gras, trop sucré, trop salé. Finalement, je relève la tête et invite Okan à regarder à droite, prétextant qu'une bombe sexuelle est en train de passer : ni une ni deux, sa tête se tourne et il balaie la salle du regard à la recherche de cette femme, tandis que j'en profite pour voler son hamburger, que j'engloutis en deux-trois mouvements. Le temps qu'il réalise que je lui ai volé sa nourriture, tout est déjà ingurgité et descend directement mon ventre, et je ne peux m'empêcher de siffloter de fierté, ajoutant un sourire espiègle à ma victoire. « Je voudrais t'engueuler pour ce vol de nourriture, mais je suis trop choqué. T'as vu à quelle vitesse tu l'as englouti ? Putain, mais t'as même pas eu le temps de savourer mon big mac, trainée ! » Nouveau doigt au principal concerné, ce à quoi il me tire la langue. J'attrape le premier objet sous la main et lui balance à la figure et avant que ça ne dégénère davantage, prend la fuite en riant comme une enfant. Parce que oui, je suis une gamine dans un corps de fillette, et c'est bien ça la vérité.

Parfois, je déteste mon métier. Je vous jure, je devrais avoir...Je sais pas moi, un droit de véto sur la peau des personnes que je tatoue, leur dire clairement : ok, toi et moi on ne se connaît pas, je suis donc une personne extérieure, mais ton idée de tatouage est carrément nulle. Dans quatre ans tu le regretteras et tu devras passer par des séances de laser extrêmement chères et douloureuses pour l'effacer à tout jamais. Seulement voilà, si j'étais honnête avec mes clients, d'une part je n'en aurais pas, et serais probablement virée, avec un coup de pied au cul de la part de mon patron, alors je me contente de sourire bêtement en m'appliquant malgré tout. Et cet après-midi, il me semble que j'ai touché le fond suite à cette succession de tatouages laids qui auraient pu me faire vomir pendant que je les faisais : première heure de l'après midi, initiale du prénom de la cliente dans le cou. Deuxième heure, le prénom du mari de Machine en-dessous de la poitrine. Et troisième heure, attention, j'appelle à la fanfare de Tulsa pour me faire un magnifiquement roulement de tambours : un fan dévasté, sanglotant pendant toute la durée de l'opération, demandant le portrait entier d'Amy Winehouse dans le dos -enfin, c'était marrant de tatouer les tatouages d'Amy, j'avais cette impression de mise en abyme qui me faisait rire, même s'il n'y absolument rien de drôle et que mon rire ressemblait plus à un sourire douloureux, vu mon incapacité de bouger à cet instant précis.

Cigarette de la victoire, quand je sors finalement du magasin de tatouage et que je peux enfin crier que cette journée est terminée. Sans perdre une minute de plus, je mets mon casque sur mes oreilles et lance ma playlist préférée, m'obligeant alors à faire quelques pas de danse improvisés et très périlleux tout en marchant jusqu'à l'appartement de ma sœur. Je m'arrête au passage dans une épicerie prendre une bouteille de vin, celle que j'avais promis de prendre à mon appartement mais que j'ai oublié alors on fera comme si, puis repose mon casque autour de ma nuque une fois arrivée dans l'immeuble de Cleo. Je frappe contre le bois de la porte, et j'ai alors cette envie soudaine, qui débarque de je-ne-sais-où, qu'elle ne réponde pas. Qu'elle soit aux abonnées absentes, qu'elle préfère rester au fond de son lit plutôt que de m'ouvrir. La vérité, c'est qu'on ne s'est pas vues depuis que je lui ai clairement brisée le cœur, et que je n'ai jamais réfléchi à ce qui se passerait après ce baiser, aux conséquences qu'il pourrait y avoir sur ma relation avec ma sœur. Moment de panique, j'aimerais partir en courant en laissant la bouteille, dévaler les escaliers jusqu'à faire une crise d'asthme par manque de souffle. Ouais, tout le trajet retour se dessine dans ma tête, mais trop tard, voilà qu'elle me salut en m'embrassant sur la joue. Alors je l'imite, crie fort son prénom avec un faux enthousiasme, m'emmêlant les pinceaux entre l'honnêteté et la fausseté.

« Bon, mauvaise nouvelle : le gratin ne ressemble plus à grand chose, suite à un séjour un peu trop long dans le four... » Je voudrais l'engueuler comme je l'aurais fait habituellement, insistant bien sur le fait que je suis à jeûne depuis trop de temps vu ma gourmandise évidente, mais je préfère me contenter de hausser les épaules en disant que ce n'est pas dramatique, qu'on commandera chinois, ou autre chose, après tout. Je n'attends pas qu'elle m'invite à rentrer pour pénétrer son appartement, jette mon sac dans un coin du salon, pour ensuite me laisser tomber sur son canapé, où je pose la bouteille sur la table basse. « Tiens, j'espère que ça te va, je n'avais plus beaucoup de choix. » « Oh, ne t'en fais pas, j'ai apporté un peu de vin, ton préféré ! » Elle sourit, je souris, on se sourit, et j'ai cette sensation qu'un énorme fossé se creuse entre nous. Et si on limitait les dégâts Cleo ? Et si je prétextais la fatigue pour rentrer chez moi, et si on attendait que ta souffrance passe pour se revoir ? Je ne sais pas, attendre que tu sois en couple. Se revoir peut-être à ton mariage...C'est idiot, n'est-ce pas, de penser une seule seconde que je ne puisse pas te voir durant tout ce temps. « Alors, ta journée ? » « Chiante! Elle était longue, puis j'ai rien pu dessiner d'intéressant, alors je me sens frustrée. Du coup ce soir, on fait la fête à la bouteille de vin, que tu le veuilles ou non! Et toi alors, ta journée?»

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MessageSujet: Re: Into the night, we walk through fire. (Joan)   Lun 28 Mai - 14:00

C'était étrange. La situation était inédite car si cela pouvait paraître paradoxal - elles restaient tout de même deux soeurs qui se côtoyaient depuis plus de deux décennies -, jamais elles n'avaient connu de telles tensions. Parfois bien sûr, elles avaient eu des conflits bien plus virulents, des moments où elles ne s'adressaient plus la parole et d'autres où fusaient les noms d'oiseaux. Mais jamais encore les Gilliam n'avaient été confrontées à un tel comportement. Habituellement, elles ne se cachaient rien et lorsque quelque chose les dérangeait, elles ne manquaient pas une occasion de le faire remarquer. Cette fois, Cleo ne savait pas comment gérer la situation. Elle imaginait être la seule à ressentir cette gêne qu'elle essayait tant bien que mal de masquer. Plutôt mal, en réalité. Cleo aurait voulu revenir une semaine en arrière et changer le cours des choses. Elle avait beau ignorer comment elle s'y serait prise, elle imaginait que n'importe laquelle de ses actions aurait été mieux que se retrouver dans ce cul-de-sac. Cleo se persuadait qu'elle devait faire bonne figure. Parce que Joan ne savait rien et qu'elle culpabiliserait beaucoup trop si elle découvrait les sentiments de sa soeur, parce que de toute façon il était trop tard pour dévoiler ses amours secrètes. Il fallait simplement aller de l'avant. Et c'était exactement ce que Cleo comptait faire ce soir-là.

La soirée se poursuivait au fil de la conversation des deux soeurs. « Oh, ne t'en fais pas, j'ai apporté un peu de vin, ton préféré ! » Cleo se saisit de la bouteille tendue par Joan, avant d'en contempler l'étiquette. Elle ne put s'empêcher de remarquer la qualité du breuvage et de lancer : « Bien joué petite ! » Elle avait dans le souvenir de toujours l'avoir surnommée ainsi, et aujourd'hui encore cette appellation affectueuse reprenait le dessus. Pour Cleo ce soir, il avait une sonorité différente peut-être. Elle l'employait comme pour se convaincre que les choses pouvaient continuer, comme elles avaient toujours été. A tort, certainement. Après s'être dirigée vers la cuisine pour y déposer la bouteille, elle revint s'installer aux côtés de Joan, sur un fauteuil installé en face du canapé. « Tu as dû bien t'amuser. » Commenta-t-elle, ironique, à propos de la journée passée par sa soeur. Elle poursuivit :« Et moi, j'ai pas fait grand chose... J'ai juste eu à passer rapidement au bureau pour récupérer quelques papiers, je prépare une interview. Le groupe du fils d'un des autres chroniqueurs. Passionnant. » Elle leva les yeux au ciel, afin de montrer à quel point elle désapprouvait ces pratiques. Régulièrement, on venait la voir pour présenter les oeuvres de la soeur, les chansonnettes d'une quelconque nièce ou l'exposition de dentelle de la grand-tante. C'en devenait lassant.

Elle adressa un sourire à sa soeur, tandis que dans son esprit germait une idée. Si elle voulait passer à autre chose, il fallait qu'elle pose cette question, ces quelques mots qu'elle n'aurait pas hésité une seule seconde à prononcer s'il ne s'était rien passé quelques jours auparavant. Et finalement, Cleo, persuadée que c'était la meilleure chose à faire, se lança.« Tu as recroisé Clay récemment ? » Ton un peu trop enjoué et sourire crispé accompagnèrent cette déclaration. Bien sûr qu'elle l'a revu, idiote, et depuis ce soir où tu as fui, trop lâche, ils ne se quittent plus. Elle imaginait déjà ces mots sortir de la bouche de Joan, qu'elle observait fixement et sûrement avec trop d'insistance, attendant une réponse de sa part.

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MessageSujet: Re: Into the night, we walk through fire. (Joan)   Lun 28 Mai - 14:07

Des erreurs, du haut de mes vingt-trois ans, j'en ai faites un bon nombre. Tellement à dire vrai, que je songe sérieusement à faire un livre qui sera une liste de toutes ces conneries : quand on a mis mon père en prison, j'ai fugué pendant une semaine entière pour le rejoindre. Quand j'ai eu 14 ans je me suis faite percer la langue et ne voulant pas interloquer ma mère en ne buvant que du liquide, ait mangé comme si de rien était sauf que j'ai été complètement paralysée de la bouche pendant une semaine. J'ai perdu ma virginité à 15 ans à l'arrière d'une voiture crade par un mec qui en plus de ne pas savoir s'y prendre, était un idiot fini: et tellement d'autres encore bien pire que je compte bien garder pour moi histoire de ne pas choquer...Mais embrasser Clay, en ayant pertinemment conscience des sentiments de ma sœur, est une erreur qui rentre immédiatement dans le top 3 des pires, des affreuses, des celles qu'on ne peut pas pardonner. La réparer ? Soyons honnêtes, cela relève de l'irréalité.

« Et moi, j'ai pas fait grand chose... J'ai juste eu à passer rapidement au bureau pour récupérer quelques papiers, je prépare une interview. Tu parles, rien de grandiose, le groupe du fils d'un des autres chroniqueurs. » Je bois quelques gorgées, oublie quelques instants que mon ventre crie famine et déguste les paroles de ma sœur comme s'il s'agissait d'une citation de la bible -pour les croyants, bien sûr-. Cela a toujours été ainsi avec Cleo, tout ce qu'elle dit et fait, relève pour moi, du magique et du révolutionnaire. De ses dix doigts, elle transforme la banalité en l'extraordinaire, et je l'ai toujours envié pour ça. Pour cette perfection qu'elle me renvoie, pour cette vie qu'elle mène si bien, pour cette attitude de femme et d'adulte que je n'aurais jamais. Je ne sais si on peut parler de jalousie, mais il est évident que ma sœur est selon moi, la meilleure de toute, celle pour qui tous les hommes sont à terre tant sa beauté et son intelligence sont grandes. On pourrait croire que je me voile la face, mais il suffit que je regarde comment Clay contemple Cleo pour savoir que je ne me trompe pas, que ma blonde préférée est bien merveilleuse et qu'à côté de moi, elle approche sans doute de la perfection. Moi aussi, j'aimerais qu'on me regarde ainsi. Moi aussi, j'aimerais qu'il me regarde ainsi.

« Tu as recroisé Clay récemment ? » Aoutch, le sujet qui fâche, distrais-la en jonglant avec les verres tout en te rapprochant de la porte d'entrée, histoire de fuir en toute beauté. Elle a beau avoir ce ton enjoué et ce sourire fixe sur les lèvres, sa voix la trahit néanmoins et au lieu d'entendre une simple question, moi tout ce qui revient à mes oreilles, ce sont ces sons qui témoignent d'une lourde plainte et souffrance. Est-ce que j'ai revu Clay récemment ? Pas depuis notre baiser, pas depuis qu'il m'a gentiment repoussée et que je suis partie vomir plus loin. Vomir à cause de l'alcool, ou vomir de dégoût envers moi-même, qu'importe, je voulais seulement passer mes lèvres dans l'alcool trop fort pour effacer toute trace de mon crime et espérer qu'en buvant trop, j'oublierais cet acte irréfléchi et que cela ferait disparaître tous les problèmes. L'idiote, à croire que les miracles apparaissent sous l'effet de l'ivresse. D'ailleurs, quand elle me pose cette question, je bois le reste de mon verre d'une traite, manque de m'étouffer, et me ressers un autre verre histoire de faire passer la pilule : décidément, il faut que je trouve un subterfuge pour fuir cette soirée qui risque trop douloureuse. Pour elle, comme pour moi. « Non, pas vraiment, peut-être un peu, vite fait, comme ça. Tu...Tu veux vraiment en parler ? » Enfonce-toi dans les mensonges Gilliam, comme si tu n'avais pas déjà assez touché le fond.

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MessageSujet: Re: Into the night, we walk through fire. (Joan)   Lun 28 Mai - 14:16

La soirée, qui avait pourtant tout pour être une soirée sympathique autour d'un bon repas et d'une bouteille de vin, était déjà en train de prendre un autre tour. Les estomacs qui, plus tôt, criaient famine, s'étaient tus, et même Joan n'exprima pas son désarroi face à l'absence de gratin au menu. Et dans l'appartement, la tension était palpable, bien que jamais formulée à haute voix. Cleo feignait la jovialité tandis que Joan semblait chercher à s'extirper de cette situation délicate, sentant bien que si elles poursuivaient sur cette voix, toutes deux finiraient par plonger dans le ravin au-dessus duquel elles se tenaient en équilibre. Et elle ne manqua pas de le faire remarquer à Cleo par une simple réponse à sa question.

« Non, pas vraiment, peut-être un peu, vite fait, comme ça. Tu...Tu veux vraiment en parler ? » Cette réponse la surprit. C'était sûrement la façon qu'elle avait de vouloir protéger sa soeur, ou de se protéger elle-même. Ces quelques mots pouvaient donner lieu à deux hypothèses : dans le premier cas, Joan n'avait eu aucun mal à lire en Cleo et à comprendre ses réelles pensées, et dans le second, la soirée s'était mal terminée avec Clay, et elle préférait éviter le sujet. Aucune de ces deux possibilités n'était plus farfelue que l'autre, et ainsi il était impossible de savoir la vérité. Les deux soeurs avaient, c'est vrai, toujours fait en sorte de se protéger mutuellement des coups durs, et peut-être Joan faisait-elle de même ici. Il était possible aussi que la soirée ne se soit pas prolongée pour ses deux amis, et que Joan était avant tout désireuse de ne pas évoquer ce souvenir.
Elle avait essayé de poser la question qu'elle avait tant redouté, et finalement elle n'avait eu pour effet que d'accentuer le malaise. Le malaise suscité par l'ignorance de la situation et l'incompréhension. Cleo aurait voulu persévérer, savoir comment s'était achevée la soirée, obtenir une réponse claire. Pourtant, elle ne pouvait se résoudre à se montrer insistante envers Joan, sentant qui plus est son envie très nette de ne pas aborder ce propos. Pour le moment, Cleo se plierait donc, temporairement au moins, à sa requête. Après tout, elles avaient toute la soirée pour discuter et pourquoi pas, aborder ce point qui leur semblait à toutes les deux plutôt délicat.

« Non tu as raison, on est là toutes les deux, autant en profiter ! » Un sourire sincère vint se dessiner sur les lèvres. Et de nouveau, elle reprenait son rôle de soeur charmante et toujours optimiste. C'était un rôle qui lui collait à la peau, mais qu'elle rejouait à chaque fois avec la même intensité, la même conviction. L'envie de bien faire. « Bon alors, on commande quelque chose ? » Tout ça sonnait faux, bien trop faux. Elles fuyaient toutes les deux face à une discussion que pourtant, elles n'allaient pas pouvoir toujours éviter. Comme si elles étaient persuadées que le temps suffirait à changer les choses et à oublier ce qu'il s'était passé.

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MessageSujet: Re: Into the night, we walk through fire. (Joan)   Lun 28 Mai - 14:21

J'aimerais, tu sais. Que tu boives un peu trop de vin, qu'on s'installe côte à côte sur le canapé en riant un peu trop, et que tu te confesses. Que tu me dises que tu en pinces pour un homme à ton boulot, que t'aimerais qu'il t'embrasse avec fougue, mais qu'il se contente de te sourire en rougissant. J'aimerais que tu me narres ce genre d'histoires qui m'ont toujours fait rêvé en l'entendant s'échapper d'entre tes lèvres. Que tu me dises que tu vis une histoire d'amour, et que tu te sens princesse : ainsi, je le sais, qu'on redeviendrait comme avant et que ma culpabilité s'envolerait comme un oiseau confiant. Peut-être qu'on pourrait même rire ensemble de mon baiser avec Clay, que tu pourrais me demander ce que ça fait, de toucher ses lèvres. Je voudrais que ça se passe comme ça Cleo, mais je sais bien que j'oserais jamais te dire que j'ai tremblé et frissonné quand je me suis jetée sur lui. Comme une idiote. Comme une insouciante.

« Non tu as raison, on est là toutes les deux, autant en profiter ! » C'est fou. C'est dingue comme elle n'a pas conscience de combien je l'admire, de combien je l'envie. Cette capacité de ne laisser rien transparaître, de parvenir à contenir au plus profond de son âme chacun de ses sentiments, et cette douleur évidente qu'elle ressent...Voilà qu'elle me sourit et moi, mon cœur se serre. Oublions, et redevenons les Gilliam connues pour leur amitié fraternelle incassable. S'il te plaît, rien qu'une soirée. Ma gorge devenant sèche, je me dirige instinctivement vers la cuisine tout en criant à travers la pièce des banalités à ma sœur, un résumé bref de ma journée, voulant éviter à tout prix un nouveau silence gênant qui ne fait que m'enfoncer un peu plus dans ce sentiment profond et évident de trahison. Tire-bouchon entre les doigts, je rejoins ma sœur en me mettant à côté d'elle, tout en attrapant sur mon passage la bouteille de vin. Après divers tours dans le liège, de cris étouffés sous la difficulté, d'envies de casser la bouteille sur le parquet et qu'on le lèche, après tout, je ne peux m'empêcher de laisser échapper un soupir de soulagement lorsqu'enfin, le bouchon quitte la bouteille, et que nous pouvons nous emmener dans les joies de l'ivresse qu'offre ce délicieux raison. « Bon alors, on commande quelque chose ? » « J'ai pas envie de m'embêter avec des baguettes, alors pas chinois. Ni Japonais, ni tous les trucs asiatiques. Pas fast food, ni français...Pourquoi pas italien ? » Alors sans que je puisse le retenir, un gargouille s'échappe de mon ventre à l'idée d'engloutir toutes spécialités de ce pays que j'affectionne. Pour calmer mon envie de manger, je bois quelques gorgées de vin au goulot, ayant oublié d'aller chercher des verres et ayant la flemme intense d'en chercher.

Une fois ma soif passée, je passe la bouteille à ma sœur, tout en passant ma langue sur mes lèvres pour faire disparaître toute trace de mon crime. « Tu te souviens, quand une fois Maman était bloquée au travail et qu'on s'est retrouvées toutes les deux à la maison, à devoir se faire à manger ? On était trop petites, il y avait plus rien à manger, et on avait faim, si faim que j'avais essayé de croquer ta main ! Et je crois que si on commande pas bientôt, je vais recommencer. » Et je me mets à sourire, nostalgique, en repensant à chaque instant de notre jeunesse. Je me souviens de l'odeur de notre maison, un mélange de pain d'épices, d'humidité et de déodorant premier prix. Je me souviens de ta chambre où j'allais constamment me réfugier, comme si j'étais uniquement en sécurité ici. Et la pièce de Papa ! Ce mélange d'encens, de cigarettes et de joints, c'était pas sain mais ça me berçait. Cigarette, suffit d'y penser pour y avoir envie, alors voilà que je plonge dans mon sac pour en allumer une : je devrais lui demander si ça la dérange, si elle veut que j'aille à la fenêtre, mais voilà que j'ai peur de sortir de ce souvenir qui me rassure. J'ai tout gâché, n'est-ce pas ? Erreur sur erreur, je suis qu'une petite peste à côté de ce que tu es, et à ce que tu me donnes. « Tu crois que j'ai fait une erreur ? » Oups, paroles qui s'envolent, qui se laissent échapper à cause de cette fatigue, cette culpabilité, cette angoisse, ce trop tout qui m'empoisonne.

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MessageSujet: Re: Into the night, we walk through fire. (Joan)   Lun 28 Mai - 14:34

C'aurait pu être un spectacle comique. Deux soeurs, une bouteille et un repas qui a fini noirci. Elles auraient d'ailleurs, en des temps meilleurs, formé un merveilleux duo d'humoristes, toutes les deux. C'aurait pu, mais ça ne l'était pas. Pour le moment, la soirée ressemblait plutôt à un numéro d'équilibriste, et un numéro de qualité. Cleo espérait, de par ses paroles rassurantes et prononcées d'un ton des plus naturels, faire en sorte que les choses redeviennent normales, comme avant. Lorsqu'elles parlaient encore de choses futiles et qu'elles prenaient la peine d'aller chercher des verres pour boire le vin. Aujourd'hui, les mots semblaient pesés. La moindre respiration paraissait pondérée et réfléchie, et même les phrases les plus banales revêtaient des apparences de sous-entendus.

« J'ai pas envie de m'embêter avec des baguettes, alors pas chinois. Ni Japonais, ni tous les trucs asiatiques. Pas fast food, ni français...Pourquoi pas italien ? » Lance Joan, ce à quoi elle répond en acquiesçant d'un signe de la tête. « Va pour l'italien ! » Cleo accompagne ses paroles d'un sourire et regarde sa soeur boire quelques gorgées d'alcool. Elle tend le bras, quémandant la bouteille comme un enfant réclame son argent de poche. Tu l'as bien méritée, ta rasade de rouge. Cleo n'avait pas pour habitude de boire - c'était même le contraire. Elle avait toujours su s'arrêter avant de dépasser ses propres limites, et ne buvait du vin qu'en petites quantités, plus pour ses qualités gustatives que pour réellement ressentir l'ivresse. Il semblait pourtant que ce soir, ses bonnes résolutions avaient été abandonnées. C'était peut-être son premier signe de faiblesse. Elle aurait du s'insurger en voyant Joan, qui ne prenait pas la peine d'aller chercher des verres, mais elle avait fait tout le contraire et demandé, d'un simple signe de la main, à faire la même chose. On n'aurait pas pu faire plus pathétique.
Joan évoque le passé, et le même sourire nostalgique se dessine sur leurs deux bouches. A cet instant, les deux soeurs se souvenaient et se comprenaient, comme si elles se retrouvaient dans ces souvenirs, ces instants qui ne seraient plus.

Et alors, Joan rompt ce silence mélancolique en une petite phrase, une seule. « Tu crois que j'ai fait une erreur ? » Cleo la regarde, baisse les yeux au sol, se mord la lèvre pour traduire sa réflexion. Elle parlait de Clay, c'était évident. Elle retrouvait bien là sa soeur, qui avait encore besoin d'être rassurée. Mais Cleo, elle, aurait voulu tout lui avouer, lui dire que c'en était une et c'était certain, que les choses ne seraient plus jamais les mêmes. Pourtant, elle ne pouvait pas se résoudre à déclamer ces mots avec tant de violence, si bien qu'elle resta muette un instant, choisissant ses mots avec précaution. « Je ne sais pas, je... » Elle refléchit encore un instant, méditant sur la façon dont elle devait expliquer sa pensée à Joan. Si elle devait l'expliquer. « De toute façon, ce qui est fait est fait. » Conclut-elle, ne parvenant pas à prononcer autre chose. C'était presque autant à elle-même qu'à Joan qu'elle s'adressait, les invitant toutes les deux à passer à autre chose. Elle aurait aimé que cela soit possible, mais en même temps, une autre question la taraudait. Pourquoi avait-elle seulement fait ce geste envers Clay ? Si l'alcool avait sûrement été un déclencheur, il y avait certainement une motivation plus profonde.
Cleo se saisit de la bouteille de rouge, et en but encore quelques longues gorgées. Si elle continuait ainsi, elle se retrouverait très vite à avouer le fond de sa pensée à Joan. Au fond, ce ne serait peut-être pas plus mal.

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MessageSujet: Re: Into the night, we walk through fire. (Joan)   Lun 11 Juin - 21:26

Tu sais, le pire dans tout ça, c'est que j'ai toujours été persuadée. Sûre qu'on pourrait toujours se disputer, se balancer des horreurs à la figure, casser tes objets préférés, te couper les cheveux dans ton sommeil, te cracher à la figure... Sans que ça nous affecte, en étant persuadée que ce lien fraternel nous sauvera contre vents et marées. C'est idiot, n'est-ce pas ? D'avoir pu penser que, qu'importe les embûches, on y survivrait. Qu'un baiser à l'homme que t'aimes, ça nous atteindrait pas. Mais maintenant que j'aperçois ton regard, que je constate que t'oses à peine me sourire, j'ai peur d'avoir tout fichu en l'air. Cette complicité, nos rires incessants, nos souvenirs d'enfants, notre amour incontestable s'est envolé en fumée à la minute où j'ai touché ses lèvres. Et merde.

Je voudrais qu'on s'engueule une bonne fois pour toute, qu'on mette les points sur les i, les barres sur les t, qu'on pleure peut-être même un peu, tu sais. Qu'on hurle, jusqu'à en perdre notre voix, jusqu'à manquer de souffle. Pourtant on reste là, sur ce canapé, stoïques, en prétendant que rien n'a changé, on montre nos dents pour garder cette façade, mais au fond, on sait toutes les deux que t'as mal. « Je ne sais pas, je... » Tu es déstabilisée, et en te voyant ainsi, je crois que moi aussi mes mots perdent leur fil, que je tremble sans pouvoir me contrôler. « De toute façon, ce qui est fait est fait. » Conversation pathétique et ridicule, quand on pense qu'on était ses sœurs qui se disaient tout, qui se confessaient sans frayeur. Maintenant qu'il est question de sentiments, nous sommes incapables de dire une phrase correcte, de prononcer tout haut ce qu'on pense tout au fond de nous. Et putain, qu'est-ce que ça craint.

Je sais plus. Je suis incapable de savoir si je veux qu'on en parle une bonne fois pour toute, ou qu'on tasse cette histoire, au plus profond de nous, en espérant qu'un jour, ça passera. Deux blondes aux rouges à lèvres écarlates, le vin rouge sang, il y avait trop de couleurs signe de colère pour prétendre que cette conversation se finirait bien. On était des enfants sans histoire, on était trois et c'était tout ce qui comptait : puis il a fallu que vous tombiez amoureux l'un de l'autre. Les égoïstes. Et moi, je deviens quoi dans ce trio à trois ? La spectatrice, la solitaire, l'abandonnée. J'imagine déjà, Cleo devenir madame Entwistle, moi, assistant à ce mariage complètement impuissante, et ça me donne des nausées. Je te vole la bouteille d'alcool d'entre tes doigts pour qu'elle me revienne : tu as l'amour, laisse-moi au moins l'ivresse. « Je suis amoureuse de lui, Cleo. Je crois que je l'ai toujours été. » Voilà que je déraille, que mes mots s'emmêlent et perdent leur sens, et je suis dans cette incapacité de desceller le vrai du faux. Je pense à Léon quand je dis ces mots, et peut-être à Clay aussi. Clay, t'imagines pas la pagaille que t'as foutu entre les sœurs Gilliam. Mais c'était inévitable, n'est-ce pas ? Qu'on soit si éprises de toi, qu'on ne parvienne pas à vouloir te partager. T'as toujours été là, tu nous as toujours aimées, soutenues, faites rire, et ça ne pouvait pas être sans conséquences. Je veux tomber dans l'alcool, la décadence et la déchéance, juste pour oublier que je suis une garce. Fait chier.

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MessageSujet: Re: Into the night, we walk through fire. (Joan)   Jeu 21 Juin - 12:56

L'alcool coulait encore dans la gorge de Cleo. Gorgée après gorgée, elle vidait son verre de vin, observant le spectacle, muette. Qu'avait-elle fait de sa voix, alors qu'elle était si bavarde ? Cleo elle-même se le demandait. Elle s'était noyée au fond de ce verre ou s'était tue par la volonté de bien faire, peut-être. Mais les choses n'allaient pas bien, il fallait cesser de mentir à sa soeur et de se mentir. Peut-être était-ce ce rouge qui lui montait aux joues ou la chaleur qui se répandait dans son corps, mais en tous les cas Cleo sentait comme un regain d'énergie, une envie folle de tout avouer à sa soeur et d'en rire dans quelques années. Elles avaient traversé des épreuves bien pires, se disait-elle, et celle-ci n'en était qu'une autre. On dit toujours que ça pourrait être pire, mais ça n'est pas toujours vrai. Comme ce soir. Cleo avait beau chercher des exemples, jamais les deux soeurs s'étaient trouvées ainsi dans une impasse, et s'il leur arrivait de hausser le ton, en aucun cas elles ne taisaient leurs pensées profondes.

Apparemment, Joan ne comptait pas prolonger cet échange policé plus longtemps, et elle déclara comme pour s'en défaire un bonne fois pour toutes et pouvoir passer à autre chose : « Je suis amoureuse de lui, Cleo. Je crois que je l'ai toujours été. » Tu m'ôtes les mots de la bouche, petite. Cleo resta silencieuse quelques instants, lèvres serrées et visage figé. Elle baissa les yeux et soudain, ses mains semblaient avoir un incroyable intérêt. Bizarrement, elle s'était persuadée que ce baiser n'avait été qu'un symptôme de l'ivresse de Joan, rien de significatif. Seulement, cela s'avérait aujourd'hui être tout le contraire. Un silence pesant et lourd de sens s'était installé entre les deux jeunes femmes. Cleo ne savait quoi ajouter aux propos de sa soeur, comme lorsque l'on sort encore soufflé de la salle de projection et que l'on ne peut rien dire sur le film à peine vu. Mais ce n'était pas un film et la scène n'allait pas durer une heure et demie pour finalement s'achever, leur laissant le loisir de revenir à la vie de tous les jours et à son rythme rassurant.
Cleo porta le verre de vin rouge à ses lèvres, comme pour se donner de la force. « C'est un peu ennuyeux, parce que moi aussi. » Elle l'avait dit avec une neutralité effrayante et qui ne lui ressemblait que trop peu. On aurait pu croire qu'elle se livrait à un exercice de style : prononcer cette phrase sur un ton tout à fait décalé de son sens. Les mots auraient pu être d'une banalité quotidienne, son intonation n'en aurait nullement été affectée. Pourtant, ce n'était pas le cas. Cleo releva les yeux vers Joan, cherchant dans son regard à entrevoir sa réaction. Elle se surprit à vouloir que sa soeur s'en veuille, qu'elle se morde les doigts d'avoir agi ainsi, mais dès qu'elle s'en aperçut, c'est elle qui fut prise de remords. La simple idée d'avoir eu une pensée désagréable à l'encontre de Joan la faisait rougir et pourtant, elle ne pouvait s'empêcher d'en vouloir à sa jumelle. Et dire que quelques années auparavant encore, Clay, Joan et Cleo jouaient ensemble dans la cour de l'école. Ce temps là était loin derrière eux maintenant.

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MessageSujet: Re: Into the night, we walk through fire. (Joan)   Jeu 21 Juin - 13:34

Je l'ai toujours su, j'en ai toujours eu conscience. Quand Cleo tomba amoureuse de Clay, ses réactions changeaient indéniablement à son égard : son rire était différemment, un peu plus aigüe, et quand notre ami se mettait soudainement à être affectueux avec une étreinte ou un léger baiser sur la joue, je la voyais rougir. Tous ces petits détails pourtant anodins qui me sautaient aux yeux et me crevaient le cœur. Et pourquoi au juste ? C'est beau l'amour, c'est beau de se dire que sa sœur en pince pour quelqu'un. Et pourtant. Oui, je l'ai toujours su, mais voilà qu'elle le dit à voix haute et tout change. Tout prend un sens, et la chute se fait trop brutale pour pouvoir feindre l'indifférence. Je crois que ma bouche s'entre-ouvre et qu'elle cherche à capter mon regard, mais moi je me retourne, je lui fais dos. Elle a osé me l'avouer, mais moi, j'aurais aimé ne jamais l'entendre. Alors que je voudrais que ses mots soient des bruissements de la nature à peine audible, ou soient des bruits routiniers de la ville, voilà qu'ils viennent s'infiltrer dans mon esprit sans vouloir le quitter. « C'est un peu ennuyeux, parce que moi aussi. » Ouais, ça fait écho dans la tête, ça n'arrête pas de sonner comme le coucou d'une pendule un peu trop fort et désagréable.

J'ai beau me répéter que tout ira bien, que tout s'arrangera, pour une fois, il me semble que c'est une utopie. Mais Cleo, on a survécu à un papa meurtrier, une maman dépressive, et une haine omniprésente, alors nous pourrons nous en sortir une fois encore, n'est-ce pas ? J'aimerais que tu me le dises, j'aimerais que tu me le persuades. Assume ton rôle de sœur et réconforte-moi dans l'idée que rien n'a changé entre nous, et que dans quelques secondes, tout sera similaire à avant. Avant. Tout d'un coup, ce temps où tout me semblait droit et sincère entre ma sœur et moi remonte à trop loin. Et irrécupérable. C'est peut-être le moment de lui avouer que Clay aussi, est amoureux d'elle. Qu'ils sont, inexorablement, faits l'un pour l'autre et que moi, je suis cet élément en trop dans cette pièce si parfaite. J'aurais aimé être la pièce manquante du puzzle que vous composez, mais hélas, je ne suis que de trop. J'ai déjà perdu mon héros, et maintenant je dois renoncer à Clay ? A Cleo ? Non, il me semble que j'ai bien trop perdu pour espérer dire un jour la vérité. Jamais, tu ne sauras.

Alors je récupère une dernière fois la bouteille de vin, que je vide d'un trait, je me lève du canapé et j'aimerais oser m'enfuir de cet appartement qu'à présent je déteste. Mais je sais que nous devrions poursuivre cette putain de discussion, alors autant souffrir, un bon coup, arracher le pansement d'un trait plutôt que continuer ainsi. Je tourne en rond, à la recherche d'une solution, en quête d'une réponse satisfaisante et réparatrice, mais c'est le vide dans ma tête. Juste tes putains de mots qui font écho, qui résonnent dans ma tête comme une chanson qu'on déteste et qu'on ne peut pourtant pas cesser de chantonner, à contre cœur. La violence, c'est tout ce qui me vient, alors voilà que j'éclate la bouteille contre un de tes meubles et elle brise entre mes doigts. Des morceaux restent dans mes mains et pénètrent ma peau, mais j'ai pas mal tu sais, parce que je sais que ce n'est rien comparé à ta souffrance. Ta douleur d'avoir vu ta sœur embrasser ton prince charmant. Scène pathétique se déroulant dans ce salon, j'aimerais n'être qu'une spectatrice plutôt qu'une des actrices principales. J'ai toujours détesté les tragédies shakespeariennes ou grecques, et cette situation ne fait qu'empirer ce dégoût.

Je rêve d'être un oiseau. Que je m'envole dans le ciel, très haut, et que mes pieds ne touchent plus les sols. Flotter dans l'air de Tulsa, et ne me préoccuper que du vent sur mon visage. Mais je sais que je te dois une réponse, alors je m’éclaircis la gorge et je tente de te dire quelque chose. Ma bouche s'ouvre, mais voilà que ma voix se déclare absente, et je passe alors ma main légèrement ensanglantée sur mon visage par dépit. D'être aussi lâche, d'être aussi fragile, d'être aussi humaine, en fait. « Pourquoi tu as attendu toutes ces années, putain ? T'attends quoi, que je l'embrasse pour l'avouer ? T'as eu le feu vert pendant tout le temps que tu voulais, et tu choisis de me dire ça...Maintenant ? C'est dégueulasse, Cleo. Tu es injuste. » Ma voix se fait sûrement trop forte, et les murs trop fins de l'appartement permettent sûrement aux voisins de profiter du spectacle, mais qu'importe. Ma main tremble, ma colère trop importante. C'est certain, cette conversation ne va pas bien se terminer : on va s'emporter, je vais m'emballer, peut-être même tenter de la gifler, et je vais lui crier que je la déteste, et que je ne veux plus jamais la revoir. Comme lorsque que j'avais quatorze ans et qu'elle a osé dire que Papa mérite ce qu'il vit. Ouais, je crie, je suis en colère, et je me rends compte que c'est ironique : la fautive qui en veut à l'innocente. Décidément Gilliam, tu ne cesseras de t'enfoncer plus encore et toujours.

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MessageSujet: Re: Into the night, we walk through fire. (Joan)   Jeu 21 Juin - 16:43

Deux gamines jouent dans le jardin, deux petites blondes, dont toute l'attention paraît se concentrer sur quelque chose, par terre. L'une d'elles attrape l'animal - un ver de terre, apparemment - qui se tortille entre ses doigts. « C'est dégoûtant ! » Lance celle qui paraît la plus âgée. Elles se ressemblent un peu, mais quelques différences restent notables.
L'autre adresse une élégante grimace à la rabat-joie. « T'es pas marrante, Cleo, t'oses jamais rien faire ! » Joan et Cleo Gilliam avaient toujours été ainsi. La casse-cou et la plus sage. Ca n'empêchait pas Cleo de faire des choses tout à fait idiotes, parfois. Seulement, force était d'admettre que sa jumelle était peut-être plus impulsive, ou en tous cas plus aventureuse.

Ce soir encore, cette loi se vérifiait, un peu comme un théorème mathématique qui s'applique inévitablement. Avec une variante cependant, car si souvent, les reproches étaient lancés dans un esprit bon enfant, ce n'était plus le cas maintenant. Chacune semblait défendre son point de vue avec une telle vigueur qu'il était impossible que ce ne soit qu'un jeu.
Cleo contempla sa soeur boire à la bouteille et la finir. « Elle va être ivre, maintenant. » Si elle ne retenait plus ses pensées, elle évita quand même de formuler ces mots à voix haute. La situation était déjà assez critique comme ça, sans en plus devoir en rajouter. Cleo regrettait un peu de ne pas avoir pensé à imiter Joan avant que la flasque soit entièrement vide et lui reprochait intérieurement son égoïsme. Elle aussi avait droit à l'ivresse, elle aussi méritait d'oublier un peu le dramatique de la situation.

Un bruit soudain de verre que l'on brise, et fatalement, la seule pensée traversant l'esprit de Cleo est dédiée aux voisins auxquels elle formule des excuses muettes. La main de Joan saignait mais Cleo ne bougea pas, stupéfaite du tour que prenait la soirée. Ce son fut suivi d'un flot de paroles qui se transformèrent au long de la tirade en cris. Les mots que prononça Joan semblèrent lointains à Cleo, qui n'écoutait déjà plus qu'à moitié. Ses propos était durs et amers. Cette conversation, si on pouvait encore la nommer ainsi, ne pouvait plus rien apporter de bon. C'était comme un avion que l'on sait condamné sans pouvoir agir. On n'a plus qu'à attendre l'impact final, recroquevillé sur son siège en repensant à tous les bons souvenirs, aux jours meilleurs et toujours plus beaux. Apparemment, dans leur cas, le choc tardait à venir, rendant la situation plus pénible encore. Tu devrais partir, hurler quelques injures et claquer la porte, Joan. Ce serait peut-être la meilleure fin que l'on peut donner à ce mauvais mélodrame. Mais elle ne part pas, elle reste là et c'est Cleo qui reprend rapidement la parole, haussant elle aussi le ton. « Tu plaisantes là ? » Elle marqua une pause durant laquelle ses yeux ne quittèrent pas ceux de Joan. « T'as pas le droit de me dire ça ! A t'entendre, c'est moi la mauvaise soeur qui aurait dû faire quelque chose plus tôt ? Mais toi, qu'est-ce qui t'a pris ?! » Elle aurait voulu prendre son manteau et partir sans entendre un mot de plus, mais elle resta là, attendant la réplique sans même la redouter.

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MessageSujet: Re: Into the night, we walk through fire. (Joan)   Jeu 21 Juin - 18:52

Je voulais pas tomber dans l'ivresse, pourtant entre le manque de nourriture et l'alcool ingurgité, c'est évident que ça se terminerait comme ça. L'alcool s'emparant de mon corps permet d'éviter toute trace de douleur physique à cause des bouts de verre pénétrant dans ma paume, sans que ce liquide ne permette pour autant d'être immunisé contre la souffrance que m'inflige Cleo. « T'as pas le droit de me dire ça ! A t'entendre, c'est moi la mauvaise soeur qui aurait dû faire quelque chose plus tôt ? Mais toi, qu'est-ce qui t'a pris ?! » Le pire dans tout ça, c'est que je me dis que si j'avais pas amené le sujet, elle ne m'aurait jamais dit ce qu'elle avait sur le cœur. La blonde aurait avalé avec difficultés ce pour quoi elle m'a détesté, en tentant d'encaisser, mais un jour, je le sais, elle aurait explosé. Je crois que c'est ce qui me rend le plus dingue à cet instant, qui me donne envie de hurler jusqu'à perdre l'usage de mes cordes vocales, jusqu'à réveiller chaque étage de son immeuble. Parce que le problème, c'est plus qu'on aime d'un amour inconditionnel Clay, le truc qui coince, qui me fait dérailler, c'est qu'elle puisse utiliser l'hypocrisie comme une arme contre moi alors qu'elle sait que c'est ce que je déteste le plus. Venant des autres, bien sûr, car de sa part, c'était inimaginable. En fait, on est plus les frangines fusionnelles depuis longtemps pour qu'elle me mente de cette façon, et le facteur clayen n'a rien à voir dans cette équation. « Tu es peut-être la sœur parfaite, la petite sage sans défauts, mais ça ne t'empêche pas de faire des erreurs. Attendre des années pour m'avouer une telle chose en est une. Attendre que j'éprouve des sentiments pour lui pour me le dire aussi. »

Je sais que je suis pas totalement sincère avec elle, mais je pars du principe qu'elle m'a menti ou caché la vérité pendant des années, alors j'ai le droit de jouer sur le même terrain qu'elle sans culpabilité, sans avoir peur de gâcher notre relation, car il me semble que tout ça, c'est déjà arrivé. Je sais pas si c'est le vin rouge qui me fait penser ça, mais je crois que Cleo et Joan, c'est terminé. J'aurais aimé lever en l'air la bouteille en disant adieu à ce qu'on était, mais elle n'est plus que des morceaux de verre sans valeurs, comme ce qu'on est, après tout. « J'ai juste embrassé le garçon dont je suis amoureuse. J'ai rien fait de mal. » Je sais pas pourquoi j'insiste à dire que je l'aime, alors que je doute constamment sur mes sentiments à son égard, incapable de définir ce qui se passe véritablement à l'intérieur de moi. Je crois que j'ai juste besoin de prouver que je suis innocente dans l'histoire, c'est pas moi la sadique au final. Si c'était pas Cleo, j'aurais déjà quitté cet appartement en balançant des insultes bien placées, en cassant des objets au passage et en claquant la porte sans regrets. Mais c'est ma sœur, on partage le même sang, les mêmes parents, les mêmes souvenirs. Mon impulsivité voudrait balancer tout ça en éclat dans mes hurlements, mais je tente de rester la plus raisonnable possible.

Pour tenter de me calmer, je prends la décision de me planquer dans la cuisine, prétextant devoir nettoyer les plaies de ma main. Le truc, c'est que lorsque je me retrouve toute seule face à l'évier et à ce silence pesant, je sais plus quoi faire. Je sais plus ce que je devrais dire pour que tout s'arrange car finalement, dans ses mots, dans son comportement, je la reconnais plus. C'est pas ma frangine qui me parle avec ce ton accusateur, c'est pas ma sœur qui agit de la sorte. Puis je comprends pas trop ce que je fais mais, je quitte finalement la cuisine pour rejoindre le salon, attrapant ma veste avec un pas décidé, ne voulant plus avoir affaire à ma sœur. Parce que si elle a toujours défendu ma mère et moi mon père, c'est peut-être pas pour rien, au final. « Si tu avais été sincère avec moi, si tu m'avais dit que tu l'aimais, tu sais très bien que j'aurais mis mes sentiments de côté. Tout ça, ce n'est pas de ma faute. » Mes mots sont peut-être véritables au final : c'est peut-être la vengeance et la rancœur qui m'envahissent et qui ont crée un certain amour pour Clay. Parce qu'on se disait tout et cela ne lui est jamais venu à l'esprit de me dire qu'elle aimait notre meilleur ami.

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MessageSujet: Re: Into the night, we walk through fire. (Joan)   Mar 26 Juin - 17:06

Je n'aurais rien du dire, pensait Cleo tandis qu'elle écoutait les accusations de Joan. Elle ne savait plus vraiment qui d'elle ou de sa soeur avait raison, tant et si bien qu'elle la laissait parler sans même répliquer, sans même plus vraiment être consciente de ce qu'il se passait. Si elle s'était tue comme elle l'avait toujours fait, convaincue de faire la bonne chose au bon moment, elles n'en seraient jamais arrivées aux hurlements, aux bris de verre et surtout à leur relation qui n'était plus ce qu'elle était. Depuis ce soir qui avait tout changé, Cleo avait fait semblant que tout allait bien. Elle pensait que c'était peut-être la meilleure façon de passer outre, mais il s'avérait désormais que ce n'était pas le cas et que tout refaisait surface un jour ou l'autre. Et ce jour, c'était aujourd'hui.

Cleo regarda Joan se réfugier dans la cuisine. Elle aurait bien aimé penser à faire de même un peu plus tôt, se mettre à l'abris de sa soeur et de ses yeux accusateurs. Alors elle reste là, sans un mot, debout, comme complètement soufflée par la tempête qui venait de s'abattre sur sa vie. Elle ne voulait pas que les soeurs Gilliam, ce soit du passé. Elle ne demandait rien de plus que simplement revenir à ce qu'elles étaient avant. Cleo se savait incapable d'en vouloir longuement à Joan, sans même être réellement convaincue que c'était sa soeur, et non elle-même, la plus coupable des deux. Elle avait gardé pour elle ses sentiments parce qu'elle pensait que c'était impossible, que si elle les exprimait, c'en serait fini leur belle amitié. A tort peut-être.

Joan sortit alors de la cuisine, se saisit de sa veste d'un geste un peu théâtral T'as toujours eu un certain goût pour les sorties dramatiques, se dit Cleo en regardant sa soeur agir. « Si tu avais été sincère avec moi, si tu m'avais dit que tu l'aimais, tu sais très bien que j'aurais mis mes sentiments de côté. Tout ça, ce n'est pas de ma faute. » Ses derniers mots sonnaient comme une véritable conclusion à la discussion, et elle se dirigea vers la porte. Cleo fronça les sourcils, parce que laisser partir sa soeur comme ça, sans même répondre, c'était trop pour elle.
« Tu veux savoir pourquoi j'ai jamais rien dit à personne ? J'ai toujours pensé que ça valait peut-être pas le coup, qu'il valait mieux qu'on reste amis, tous les trois. » Elle ne savait pas ce qui l'avait poussée, soudain, à lui dire tout ça. Cleo était restée silencieuse si longtemps qu'elle avait désormais le besoin de s'expliquer. « Tu penses peut-être que j'ai eu tort, mais c'est pas de ma faute non plus. » Elle resta là, droite, à attendre une réaction. A ce moment là, elle ne se reconnaissait presque plus. La Cleo enjouée et optimiste avait fait place à une autre personne, plus défaitiste mais aussi plus perdue que jamais.

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