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 Why can't you want me like the other boys do ? [R]

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Alice Harper

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MessageSujet: Why can't you want me like the other boys do ? [R]   Dim 10 Juin - 16:02

Citation :


Why can't you want me like the other boys do?
They stare at me while I stare at you
Why can't I keep you safe as my own?

« Je passerais ce soir... Parce que je travaille là... Oui maman... C’est ça. A plus tard. » Excédée, la jolie blonde raccrocha, avant de se laisser tomber sur sa chaise de bureau. Ces derniers temps, les intrusions de sa mère dans sa vie privée se faisait plus intrusive. Sans s’en rendre compte, Alice avait laissé sa mère reprendre le contrôle de sa vie. Ca avait commencé par des phrases insignifiantes, des décisions sans conséquence qu’Alice lui avait laissé prendre parce qu’elle avait naïvement cru que ça lui ferait plaisir et qu’elle la laisserait tranquille. Résultat des courses, elle arborait une coupe un peu plus courte que ce qu’elle avait l’habitude. Elle devait avouer que sa mère avait vu juste, mais elle ne l’avouerait qu’à demi-mots. Plutôt mourir que dire que sa mère avait vu juste la concernant. Si elle avait vu juste pour ses cheveux pour quoi d’autre avait-elle vu juste ? Sur son mariage ? Probablement. Après tout, elle avait toujours refusé l’arrivé de Largo dans la vie de sa fille. Elle n’avait jamais caché le mépris qu’elle ressentait pour le militaire à l’époque. Mais parce qu’il rendait Alice heureuse et surtout parce que le patriarche Monroe savait faire taire sa femme parfois, la mère d’Alice n’avait jamais osé trop s’immiscer dans son mariage. Maintenant que le père de la jeune femme n’était plus là, Eleonor Monroe ne se gênait pas pour donner son avis sur son gendre. Depuis qu’elle avait appris par les commères de Tulsa que le mariage de sa fille battait de l’aile, les choses n’avaient fait qu’empirer. Elle ne se gênait plus pour juger sa fille, pour lui envoyer toutes ses erreurs au visage, pour la rabaisser. Si elle n’était pas capable de garder un homme, elle n’était rien. Alice ne pouvait que lui donner raison. Sans Largo, elle n’était rien. Sans lui, elle n’était pas capable de tenir tête à sa mère. Sans lui, elle se sentait vide. Elle étouffait dans sa vie alors qu’il avait toujours été une bouchée d’oxygène. « Emily, annulez mes rendez-vous de cet après midi. » cria-t-elle à l’attention de sa secrétaire, avant d’attraper son sac à main et les clés de sa mini. Elle connaissait le chemin par cœur, le faisait tous les matins dans l’espoir de l’apercevoir quelques secondes alors même que la caserne ne se situait pas dans le trajet qu’elle aurait dû réaliser entre leur maison et son cabinet. C’était plus fort qu’elle. Elle était pathétique, mais belle dans sa naïveté. S’arrêtant juste devant, elle se servit de son rétroviseur pour se remettre une couche de rouge à lèvres et s’assurer que ses cheveux avaient ce côté coiffé-décoiffé qui la rendait sexy. Sortant de la voiture, elle lissa sa jupe et ouvrit un bouton supplémentaire de son chemisier, histoire de mettre ses atouts en avant tout en restant classe. De toute façon, chez une femme comme Alice, la classe était une chose innée. Traversant la cour de la caserne, elle sentit le regard de certains pompiers se retournait sur elle et décela, non sans satisfaction, une lueur d’envie. Elle s’en moquait. Cette lueur n’avait aucune importance si elle ne la percevait pas dans le regard de Largo. Un sourire s'étira sur ses lèvres quand elle aperçut la silhouette qu'elle cherchait. Doucement, elle s'approcha de lui et sa main glissa sur sa taille, avant qu'elle ne se mette sur la pointe des pieds pour déposer un baiser sur sa joue, comme elle l'aurait fait si leur mariage ne tombait pas en ruine. « Salut chéri. »

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Largo Harper
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MessageSujet: Re: Why can't you want me like the other boys do ? [R]   Mar 12 Juin - 17:20

« Tu peux te charger de la paperasse ce soir Lawson ? » Largo claqua la porte de son casier, bien décidé à quitter la caserne plus tôt que les autres jours. Il n’était pourtant pas du genre à lever le pied et enchaînait le plus souvent les heures supplémentaires, sauf que depuis quelques semaines il avait l’esprit bien occupé. Depuis sa dispute avec Kensi il ne parvenait pas à chasser de ses pensées le fait d’avoir fait la plus belle bourde de sa vie. Même ses collègues avaient noté un changement d’attitude chez l’ancien militaire et ne se privaient pas pour lui faire remarquer. « Hé Harper, la tête dans les nuages et à débaucher à cette heure-ci, fais gaffe, on va finir par croire que t’es amoureux ou que tu te tapes une fille différente chaque soir ! » Oui, les plaisirs du quotidien à la caserne. Les pompiers n’étaient pas réputés pour leur prose lyrique et leur délicatesse, mais ces gars étaient devenus comme une seconde famille pour Largo depuis son retour. Et s’ils n’étaient pas du genre à s’épancher sur leur vie sentimentale, ils se seraient les coudes et se savaient présents les uns pour les autres. « Je dois passer voir le Commandant avant de partir, tu pourras dire à ta sœur que je serai en retard ? » Plaisanta le pompier en se baissant pour éviter de justesse la botte que venait de lancer son collègue. Dix minutes plus tard, ses petites affaires réglées avec le chef, Largo redescendit et s’attarda un moment près du camion, discutant avec d’autres gars. S’il rongeait son frein depuis des jours à propos de Kensi, il n’avait pas encore déterminé quoi lui dire et préférait donc repousser la confrontation à plus tard, se promettant chaque jour d’aller la voir pour finalement décider que ce n’était pas le bon moment.

Quelques sifflements facilement interprétables se firent entendre, annonçant la venue d’une personne de sexe féminin dans la caserne. Largo se prit à espérer, le temps d’une seconde, que ce soit la brune. Mais la main qui se posa doucement sur sa hanche était reconnaissable entre mille… et elle appartenait à la blonde incendiaire qu’il avait pour femme. « Alice. » Lâcha-t-il froidement en réprimant un soupir. Pratiquement tous ses collègues étaient au courant de la situation et on ne comptait plus le nombre de scènes qui avaient eu lieu ici même. En fait, la plupart des pompiers de Tulsa se prenaient même au jeu en pariant sur l’issue des hostilités. Divorce ou pas divorce ? Dans deux mois ou deux ans ? Alice allait-elle tuer la nouvelle conquête de Largo ? Les paris allaient bon train et l’ancien militaire n’y prêtait même plus attention. « Je t’ai déjà dit de ne plus venir te donner en spectacle ici. » Continua-t-il tout aussi sèchement en lui attrapant le poignet pour l’attirer à l’écart. Il détestait l’homme qu’elle le forçait à être. Il n’aimait pas lui faire du mal, il détestait la voir souffrir, mais elle le poussait à bout à chaque fois. « Sauf si tu es venue pour me rendre les papiers du divorce signés il serait préférable que tu quittes les lieux sur le champ. » Son regard croisa le sien et il soupira tristement. Voir ce qu’ils étaient devenus, constaté ce désastre qu’était désormais leur couple lui brisait le cœur. Il l’avait aimée, de tout son être, mais elle n’acceptait pas qu’il n’en soit plus ainsi… Largo ne savait plus quoi faire pour le lui faire comprendre. Il avait la désagréable impression de remuer le couteau dans la plaie à chaque discussion, de la détruire un peu plus au fil du temps et il se détestait pour ça. Mais il n’allait pas mentir, il n’allait pas prétendre l’aimer encore et vouloir terminer sa vie avec elle, ce n’était plus le cas. Elle allait devoir le comprendre et l’accepter tôt ou tard. Et le pompier espérait que la première option serait la bonne.


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MessageSujet: Re: Why can't you want me like the other boys do ? [R]   Sam 16 Juin - 12:23

Un sourire satisfait s’étira sur les lèvres de la jolie blonde. Elle se moquait bien des sifflements. Il n’avait aucune importance à ses yeux. Dans d’autres circonstances, elle aurait même trouvé ça vulgaire et leur aurait lancé un regard assassin, dont elle a le secret. Mais c’était avant. Quand elle avait encore conscience de son potentiel, quand elle était sûre d’elle, quand elle se sentait encore aimé par son époux. En somme, quand elle était encore naïvement heureuse. Remettant une mèche de cheveux derrière ses oreilles, elle leur adressa un signe de la main et un magnifique sourire. Si elle avait les pompiers dans sa poche, nul doute qu’ils parleront d’elle à Largo et alors il se rendra compte de la grossière erreur qu’il commettrait en divorçant. Il reviendrait vers elle. Elle tenterait de résister, pour les formes, mais finirait par céder et ils seraient heureux de nouveau. Belle idiote.

Sa main se posa sur la hanche de celui qu’elle ne cessera jamais d’appeler son mari. Ses lèvres se posèrent sur sa joue mal rasé. Et quand il prononça son prénom, elle sentit les papillons dans son ventre. Il ne pouvait pas dire qu’il ne l’aimait plus, que leur histoire était terminé. C’était faux. Il avait besoin de prendre du recul et il se rendrait compte qu’il ne serait jamais aussi heureux qu’à ses côtés. Elle roula des yeux à sa remarque et le suivit gentiment plus loin, comme la femme docile qu’elle avait toujours été pour lui. Elle avait toujours fait pour le rendre heureux. Elle ne comprenait pas pourquoi, tout à coup, il avait cessé de l’aimer. Juste comme ça. Il s’était réveillé un jour et avait décidé qu’elle n’était plus la femme de sa vie. Comment c’était arrivé ? Elle n’en avait aucune idée. C’était impensable et pour cette raison, elle ne pouvait pas accepter le divorce. « Une femme n’a plus le droit de venir voir son mari maintenant ? » demanda-t-elle mutine. Elle fit mine de ne pas entendre sa phrase sur les papiers du divorce. Elle était devenue douée à l’autruche. Après tout, elle avait 30 ans d’expérience avec sa mère. Il était temps d’en tirer profit. Elle sortit de son sac à main une pile de courriers. « Je suis pas venue pour me battre. Je t’ai ramené ton courrier. » Elle ne savait même pas où il vivait désormais. Est-ce que tu vis avec ta garce ? Est-ce que tu vis à la caserne ? Est-ce que tu vis chez ta sœur ? avait-elle envie de lui demander. Mais elle se mordit la langue et se tût. Il l’avait complètement coupé de sa vie. Elle était habituée à tout savoir sur lui. Et puis, il était rentré d’Irak et elle avait été mise de côté. Faussement innocente, elle demanda. « Tu veux que je fasse suivre ton courrier à quelle adresse ? » Voilà à quoi elle en était réduit.


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MessageSujet: Re: Why can't you want me like the other boys do ? [R]   Dim 17 Juin - 19:44

Largo avait arrêté de compter le nombre de disputes qu’Alice et lui avaient eu au sujet du divorce, tout comme il avait arrêté de chercher des réponses aux nombreuses questions qu’elle lui posait. Parce qu’il savait que quoiqu’il puisse trouver à lui répondre, jamais elle ne s’en contenterait. Pourquoi ne l’aimait-il plus ? Il n’en avait foutrement aucune idée, mais les faits étaient là. S’il nourrissait toujours une profonde affection pour sa femme, s’il la désirait toujours physiquement – quel homme aurait pu rester insensible devant Alice Harper ? – et s’il n’imaginait pas la voir disparaître de sa vie du jour au lendemain, il ne pouvait plus prétendre qu’elle était l’amour de sa vie. Ses sentiments avaient changé sans qu’il ne sache vraiment quand ni pour quelle raison. Il avait décidé de ne plus chercher à comprendre. La vie était ainsi faite et il n’allait pas perdre son temps à trouver des réponses qui ne les aideraient pas à avancer. Seulement, Alice ne voyait pas les choses de la même manière. Il ne l’en blâmait pas, si les rôles avaient été inversés il aurait sûrement persisté également. Il n’y avait qu’à voir dans quel désarroi il était alors que Kensi ne lui avait pas adressé un seul mot depuis des semaines… Mais il était fatigué, épuisé même de se battre sans cesse avec sa femme. Las de leurs éclats de voix qui ne débouchaient que sur douleur et larmes. Il coula un regard vers ses collègues au loin qui imaginaient probablement ce qu’ils pouvaient être entrain de se dire et reporta son attention sur la blonde. « Mon courrier. Evidemment. » Il n’était pas dupe, elle aurait tout aussi bien pu le déposer chez ses parents, ou attendre qu’il vienne lui-même le chercher. Pour autant il ne fit aucune remarque, n’ayant ni l’envie ni l’énergie de lui tendre des perches pour un nouveau conflit. « Ma nouvelle adresse est sur les papiers du divorce. Tu l’aurais vue si tu avais daigné les lire. » Répondit-il finalement, la prenant à son propre jeu. Si elle voulait la jouer comme ça elle aurait ce qu’elle était venue chercher. Largo pouvait aussi se montrer malin. Il s’éloigna d’elle pour se laisser tomber dans la banquette en sale état à quelques pas. « Tu n’es pas fatiguée par tout ça ? Nous, nos disputes. On ne peut plus se parler sans qu’on finisse par hurler et se jeter des trucs à la figure. » Il soupira en remontant le regard vers la jeune femme pour croiser le sien. « Tu as toujours été et tu resteras ma meilleure amie Alice. Quoique tu dises ou fasses ça ne changera rien. Et que mon amour pour toi ne soit plus le même que le jour de notre mariage n’y changera rien non plus. » Il savait que ses mots ne seraient pas d’un grand réconfort pour la blonde qui semblait s’accrocher à leur mariage comme à sa dernière bouée de secours. Mais il avait besoin de les dire, pour lui. « Je ne veux pas te rayer de ma vie. Je ne te chasse pas, ni ne te tourne le dos. J’aimerais simplement que tu acceptes que notre mariage n’a plus lieu d’être, que tu prennes conscience que nous ne sommes plus les Alice et Largo qui se sont dit oui il y a près de dix ans. Arrêtons de nous voiler la face et mettons un terme à la mascarade, s’il te plait. » Ces derniers mots avaient le ton d’une supplice et son regard en disait long. Il avait livré trop de combats dans sa vie, il ne souhaitait pas remettre ça, encore moins avec sa femme en ligne de mire. Il tenait à elle et voulait la voir heureuse. Il savait qu’au fond elle n’était pas plus amoureuse de lui qu’il ne l’était d’elle, elle n’était simplement pas prête à le voir ni à l’entendre. Les choses devaient changer. Elle devait faire face et aller de l’avant, il était prêt à l’aider si tant est qu’elle le laisse faire…

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MessageSujet: Re: Why can't you want me like the other boys do ? [R]   Mer 20 Juin - 20:34

Alice se souvenait encore du jour où Largo lui avait parlé de son envie de divorce. Dire qu’elle était tombée de haut était un euphémisme. Elle savait, pourtant, qu’ils avaient des problèmes. Elle était naïve, mais pas aveugle. Elle avait bien conscience que les choses étaient différentes, mais elle avait pensé que c’était normal. La phase des 7 ans dont tous les magazines parlent, avec un peu de retard. Ils étaient ensemble depuis tellement longtemps qu’elle ne s’imaginait pas avec un autre. Il n’y avait que lui et il n’y aurait toujours que lui. Il était l’amour de sa vie. Elle ne savait pas se dissocier de lui. Même quand il était en Irak, elle vivait à travers lui. Elle allait voir les films qu’il aurait aimer voir pour pouvoir lui raconter, commandait les magazines qui parlaient des choses qu’il aimait pour se sentir un peu plus proche de lui, achetait ses céréales préférés pour se sentir rassurée quand elle les voyait à côté de ses céréales qu’il qualifiait d’insipide. Elle était Alice Harper, elle ne savait pas être autre chose. Elle l’aimait tellement qu’elle ne comprenait pas comment il pouvait cesser de l’aimer. Ca n’avait rien d’étonnant pourtant. Elle n’avait jamais compris comment il avait pu être amoureux d’elle un jour. Elle devrait être heureuse qu’il l’ait aimé, ne serait-ce qu’une minute, mais elle voulait plus. Elle voulait le pour toujours qu’il lui avait promis. L’entendre mentionner les papiers du divorce comme il aurait mentionné le nouvel achat des voisins était toujours aussi douloureux. Elle fuya son regard et enleva une poussière imaginaire sur sa jupe. « Je les ai lu. » murmura-t-elle. Oh ça oui, elle les avait lu. Des centaines de fois. Dans chacune des lignes, elle avait essayé de chercher un appel au secours, une preuve qu’il l’aimait toujours. Elle n’avait rien trouvé de cela. Il ne cherchait même pas à se battre. Il lui donnait tout. Sans exception. Il avait été clair. Il voulait tirer un trait sur leur histoire et faire comme si elle n’avait jamais existé. Elle n’osait pas lever la tête pour croiser son regard. Elle avait peur de ce qu’elle pourrait y voir. Elle croisa les bras sur sa poitrine comme pour se protéger des mots de Largo. Elle se focalisa sur sa respiration, comme elle avait appris dans son cours de yoga, qui n’avait absolument servi à rien, parce qu’elle sentait bien ses nerfs lâcher. Elle se savait sur le point de craquer et dût se mordre la langue de toutes ses forces pour ne pas se mettre à hurler. Elle aussi était fatiguée de se battre. Elle aimerait ne pas avoir à le faire. Elle aimerait que tout soit simple. Le problème, c’est qu’elle ne savait pas renoncer. Elle n’avait jamais su. « Je ne veux pas être ta meilleure amie. » murmura-t-elle, d’un ton fatigué et résigné. « Tu dis que tu veux pas me souffrir mais c’est tout ce que tu sais faire. » Elle osa enfin poser le regard sur lui. « Comment tu peux penser, ne serait-ce qu’une seule seconde qu’on pourrait être amis ? Tu veux quoi Largo ? Qu’on aille boire un café et que tu me racontes comment ça se passe avec ta pucelle ? Tu veux peut être que je te raconte ce que je ressens ? A quel point je me sens seule, perdue et affreusement vide sans toi ? Tu veux peut être que je t’appelle au milieu de la nuit parce que j’ai du mal à respirer, parce que l’immensité de la solitude est en train de m’étouffer ? » Elle se mordille la lèvre pour se calmer et reprendre le contrôle de ses émotions. « Si on était meilleurs amis, c’est ce qui se passerait. Ce n’est pas ce que tu veux. Tu te moques bien de savoir tout ça, comme tu ne veux pas qu’on parle de ce qui se passe entre toi et... Cette fille. Si on était amis, on devrait parler de toi et t’as toujours détesté ça. » Si elle n’avait pas grandi avec lui, elle n’aurait jamais su la moitié des choses qu’elle pouvait savoir sur lui. C’était l’une des choses les plus douloureuses. Savoir qu’il se confiant à une autre, comme il avait pu le faire. Savoir qu’une autre femme allait le connaitre mieux qu’elle n’aurait jamais pu le connaitre. Le pire dans toute cette histoire, c’est qu’elle serait prête à devenir son ami si ça voulait dire l’avoir dans sa vie. « C’est vraiment ce que tu attends de moi ? » Oui, elle serait prête à l'écouter lui parler de cette fille aux cheveux noirs ébènes. Elle serait prête à le voir heureux avec une autre, si elle-même était incapable de le rendre heureux. Elle serait prête à tout, même si ça devait la détruire.

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MessageSujet: Re: Why can't you want me like the other boys do ? [R]   Mer 20 Juin - 21:52

Largo encaissa chaque mot qui sortit de la bouche de sa femme comme un upercut dans l’estomac, il en avait le souffle coupé. Mais aucun trait de son visage ne vit trahir toute cette souffrance. Il serra les dents et laissa Alice déverser toute sa rancœur et sa colère, elles étaient légitimes. Le pompier avait bien du mal à vivre avec cette culpabilité, celle de détruire un peu plus chaque jour celle qu’il avait longtemps et si passionnément aimé. Il regrettait parfois d’être revenu d’Irak, se disant qu’au fond, s’il était mort Alice aurait eu à faire son deuil plus ‘simplement’, elle n’aurait eu rien ni personne à combattre et aurait du accepter la situation. Il ne l’aurait pas faite souffrir, et il n’aurait pas fait souffrir Kensi non plus… Mais les choses étaient différentes. Il était revenu, et il devait livrer bataille contre cette femme déjà brisée. Il ne l’interrompit pas, parce que tout ce qu’elle disait était sans doute vrai au fond. Pour elle ça l’était en tout cas, et il n’avait aucun droit de le remettre en cause. Pour autant, ses mots faisaient mal, plus mal que toutes les balles et éclats d’obus qu’il avait pu recevoir au front. Ils lui déchiraient les entrailles pour laisser béante des blessures qui ne seraient sans doute jamais totalement guéries. La douleur était telle que la tempête éclata bientôt, Largo se relevant d’un bond, muscles bandés et regard glacial. « Putain Alice ! » Cria-t-il violemment sans pour autant esquisser un seul pas vers la jeune femme. Il le savait, quand les émotions se faisaient trop fortes, il ne réussissait à gérer qu’en haussant le ton. Alice, elle, fondait le plus souvent en larmes. Entre sanglots et éclats de voix, leurs disputes avaient toujours eu des allures de tragédies grecques. « Tu penses peut-être que je prends plaisir à te faire souffrir ? Tu crois que j’ai volontairement choisi de tomber amoureux d’une autre pour jouir de ton malheur ? Tu n’imagines pas les nuits d’insomnie que je passe à me demander pourquoi tout ça nous arrive. J’ai lutté, je me suis menti, j’ai cherché à retrouver ce que nous avons perdu, mais c’est impossible. » Il osa enfin s’approcher d’elle et respira lentement pour se calmer. La dernière chose qu’il souhaitait s’était l’effrayer, et il savait que quand il haussait le ton il pouvait paraître plus impressionnant qu’il le ne voulait. Pour autant, il n’aurait jamais levé la main sur Alice et il savait qu’elle en était consciente. Une fois devant elle il baissa les yeux vers sa femme pour croiser son regard. « Jusqu’à ce que la mort nous sépare, c’est ce que nous nous sommes promis. » Commença-t-il doucement. La douleur était présente dans sa voix et maintenant qu’il ne hurlait plus, les émotions prenaient le dessus. « Je suis peut-être revenu Alice, mais le Largo que tu connaissais est mort là-bas. » Il n’avait jamais réussi à totalement s’ouvrir sur ce sujet par le passé. Trop intime, trop de souffrance enfouie, il avait préféré ne pas déverser ce lourd fardeau sur les frêles épaules de sa femme. Mais il ne pouvait plus mentir, il n’était plus capable de faire semblant et de prétendre que tout était oublié. « Je ne suis plus le même, tu ne retrouveras jamais celui que tu as épousé. » Et il en était désolé. Il avait longtemps gardé la tête dans le sable pour éviter de leur faire traverser tout ça, jusqu’au jour où la situation était devenue insupportable. « Je n’y arrive plus. Vivre comme avant, nier que cette expérience, que ces expériences m’ont transformé. Tu es amoureuse d’un fantôme Alice, tu aimes l’homme que j’étais mais tu ne connais pas celui que je suis aujourd’hui. » Il voulait venir caresser sa joue comme il le faisait autrefois pour l’apaiser, mais il n’en avait plus le droit. Il soupira. « Je ne t’en blâme pas, c’est de ma faute. Je ne t’ai pas donné la moindre occasion de le connaître. » Il lâcha son regard pour s’éloigner et s’adosser à un pylône de pierre donnant sur la cour intérieur de la caserne. Ses collègues avaient décamper, soucieux de leur laisser un peu d’intimité. A cran, les nerfs à fleur de peau, Largo fouilla dans les poches de la veste d’un de ses collègues pour en extirper un paquet de clopes. Trois ans déjà qu’il avait arrêté. Tant pis, il avait des soucis plus importants à régler et pour cela il avait besoin de retrouver son calme. Il inhala profondément la fumée et ferma les yeux alors que la nicotine se répandait dans son organisme. Tournant légèrement la tête il aperçu du coin de l’œil Alice s’approcher derrière lui. « Je me fous de ces papiers Alice, ne les signe pas si tu ne t’en sens pas capable, si tu n’es pas prête. » Ils n’étaient finalement que la partie visible de l’iceberg, et Largo était bien plus soucieux de mettre les choses au clair avec la jeune femme que d’avoir ses papiers en règle…

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MessageSujet: Re: Why can't you want me like the other boys do ? [R]   Sam 23 Juin - 14:16

Alice était épuisée. Elle était lasse de devoir se battre constamment. Elle avait bien compris qu’elle n’avait pas le droit au bonheur, cette notion abstraite que le monde s’évertue à chercher tout au long de leur vie. Elle avait cru le toucher des doigts. Naïvement, elle avait cru pouvoir être heureuse. Elle avait cru le mériter. Douce illusion. Sa bulle de bonheur avait explosé, le jour même où Largo avait été appelé à servir en Irak. Elle n’avait jamais retrouvé son meilleur ami, son amant, l’homme qu’elle aimait plus que tout. Elle lui avait dit adieu sur le tarmac d’un aéroport. Elle avait tenté un sourire sincère quand il s’était tourné vers elle avant de monter dans le bus qui l’emmenait vers la base d’entrainement. Si elle avait su que c’était la fin de leur mariage, elle ne l’aurait jamais quitté. Il avait choisi une guerre plutôt que son bonheur. Egoïstement, elle lui en avait voulu, puis elle s’était détestée pour lui en vouloir alors qu’il risquait sa vie pour leur pays. Et maintenant qu’il était de retour, il choisissait une autre femme, bien plus jolie qu’elle, plus jeune aussi. Elle avait toujours su qu’elle n’était pas assez pour lui. Ca n’en était pas moins douloureux. Si habituellement, elle était douée pour camoufler ses émotions et les gérer au mieux, elle avait l’impression de perdre la tête face à lui. Elle avait besoin de le blesser, comme il pouvait la blesser. Elle avait besoin de voir de la douleur dans ses yeux plutôt que cette indifférence qui était devenue sienne. Elle sursauta légèrement au ton de Largo et ne put empêcher un sourire malsain de se dessiner sur les lèvres. Elle avait réussir à avoir une réaction, mais son sourire s’effaça rapidement. Ses muscles se raidirent. Sa respiration se fit plus courte. Il aurait pu lui arracher le cœur, le piétiner. Ca aurait été moins douloureux. Elle ne voit rien, n’entend rien, ne ressens rien que la douleur persistante qui lui strie le cœur. « T’es amoureux d’elle ? » murmure-t-elle, la voix brisée. Ses oreilles bourdonnent. Elle a envie de crier, de vomir, de lui faire mal. Elle a envie de larmes et de violence. Elle attend la gifle, le signe qui lui indique le point de rupture. Elle attend sans rien dire, écoute chacune de ses paroles parce qu’elle est incapable de partir. Elle ne veut pas l’écouter. Elle ne veut pas penser qu’il a raison. Elle ne peut pas. Elle n’est pas prête à faire le deuil de leur relation, encore moins le deuil de cet homme qu’elle a aimé avec passion. Parce que oui elle l’aime, la sombre idiote. De tout son cœur. Peu importe ce qui se passera, la vérité sera toujours la même. Elle l’aime. Au point de renier chacune de ses valeurs, de s’oublier complètement pour lui, au point de l’implorer de rester. Elle tente d’assimiler chacune de ses paroles. « Tais-toi. » Son murmure ressemble étrangement à une supplication. « Tais-toi s’il te plait. » Elle lâche son regard et s’éloigne de lui, comme si le peu de distance qu’elle instaurait entre eux allait l’aider, comme si avec cette distance, il ne pouvait plus la blesser. « Fermes le Largo. » finit-elle par crier, tout en mettant ses mains sur ses oreilles pour faire taire ses paroles dérangeantes. Il ne savait pas ce que c’était d’être femme de militaire. Il n’avait aucune idée de ce qu’elle avait pu ressentir à chaque fois que le téléphone sonnait. Et puis, il y avait eu l’appel, celui qu’elle avait tant redouté, lui indiquant que son mari était gravement blessé. Elle avait eu cette impression désagréable que son monde s’était arrêté. Les jours qui s’étaient écoulés par la suite avaient été les pires de sa vie. « Tu ne sais pas de quoi tu parles. T’es confus, un peu déprimé et t’as besoin de te prouver que t’es encore en vie. » Elle tente de reprendre le contrôle de ses émotions. Tu es amoureuse d’un fantôme. Un rire jaune s’échappe de ses lèvres. La douleur déforme les traits habituellement si parfaits de la jeune femme. « Alors on fait quoi ? On l’enterre. Tu veux peut être qu’on fasse une cérémonie symbolique, que je puisse pleurer mon époux et toi cet autre homme que t’as été un jour ? » Il avait raison pourtant. Il n’était plus le même homme. Elle n’était plus la même femme. Au fond, ils n’étaient que deux étrangers désormais. Alice était simplement incapable de s’en rendre compte. Parce que malgré tout ce qui pouvait se passer, une vérité triomphait toujours : elle l’aimait. Point final. Elle l’aimait. C’était aussi simple que ça à ses yeux. Elle essuie toute trace de larmes qui avait pu s’échapper de ses yeux cristallins. Elle reprend le contrôle de ses émotions, remet le masque d’Alice Harper, cette femme que rien ne perturbe, cette femme froide et glaciale qu’elle est devenue au fil des années. « Je sais que tu penses qu’en étant avec cette fille, tu pourras reprendre le contrôle de ta vie. Tu penses qu’elle peut t’empêcher de sombrer. C’est faux. » Elle est la mieux placée pour en parler. Elle avait pensé qu’Ethan pourrait la sauver de l’immensité d’une vie bien trop grande pour elle. Elle avait eu tort. Cette histoire, aussi passionnée soit-elle, ne l’avait fait sombrer que dans un désarroi plus grand. « Je t’ai trompé aussi, alors tu vois on est quitte. » Elle ne pouvait pas l’obliger à l’aimer. Mais s’il la détestait comme elle pouvait le détester parfois alors elle saurait que leur histoire n’était pas terminé.

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Largo Harper
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MessageSujet: Re: Why can't you want me like the other boys do ? [R]   Lun 25 Juin - 17:43

C’était désespérant, Largo avait l’impression que quoiqu’il dise, Alice retournerait chacune de ses paroles contre lui pour s’en servir comme de nouvelles armes dans ce combat sans fin. Il ne savait plus comment lui dire ce qu’il avait sur le cœur ni même ce qu’il devait faire pour qu’elle l’écoute réellement. Parce qu’il avait beau se démener comme un diable, il avait la désagréable sensation qu’elle restait butée et que rien de ce qu’il disait ne l’atteignait. Même lorsqu’il ouvrait son cœur comme il venait tout juste de le faire, c’était comme si ses aveux tombaient dans l’oreille d’une sourde. Et c’était sans doute ce qui le blessait le plus. Il eu toutes les peines du monde à ne pas éclater de nouveau lorsqu’il entendit Alice le qualifier de « un peu déprimé ». S’entendait-elle parler ou avait-il si profondément sombré dans une folie démesurée qu’elle ne parvenait plus à prendre conscience de ses propos ? Il voulait hurler, il voulait crier à la terre entière les horreurs qu’il avait vues et vécues là-bas, mais à quoi cela aurait-il servi ? Jamais Alice, ni qui que ce soit d’autre, n’aurait compris. Jamais personne n’aurait pu partager sa souffrance et son fardeau. Alors il ferma les yeux, tirant longuement sur sa cigarette et s’évadant au loin, n’écoutant plus un traître mot de ce que sa femme avait à lui dire. Il ne supportait pas de l’entendre parler de Kensi, il savait qu’il pouvait perdre ses moyens à tout moment et préféra donc s’enfermer dans sa bulle et diriger son regard vers l’extérieur.

Ce ne fut que la dernier phrase d’Alice qui vint faire éclater son petit monde de paix et de calme. « Je t’ai trompé aussi, alors tu vois on est quitte. » Il ne saisit pas tout de suite le sens derrière ces quelques mots alignés à la va-vite et cracher à la figure comme de vulgaires postillons. Il lui fallu un temps avant que la réalité ne le rattrape et ne vient asséner le coup de grâce d’un affrontement trop longuement nourri. Trompé. Le mot raisonnait dans sa tête alors qu’il se retournait, sonné, pour croiser le regard de la jeune femme. Il voulait sonder son âme jusqu’à ses tréfonds pour savoir si elle aurait eu l’audace et la perversité de lui mentir simplement pour le blesser. Mais il ne la connaissait que trop bien, par cœur même, et la froideur qu’elle dégageait à cet instant précis acheva de faire tomber les derniers doutes de Largo. Il ne confiera sans doute jamais à personne les pensées qui traversèrent son esprit à ce moment-là mais une chose était certaine, elle lui resteraient gravées à jamais. Plus que de la colère, plus que de la jalousie ou de la tristesse, c’était une profonde déception qui venait le frapper alors qu’il était déjà à terre. Le souffle lui manquait, les mots également. Il ne cessait de dévisager cette femme qu’il ne reconnaissait plus, cette femme transformée en un monstre de glace et de rancœur. Il déglutit difficilement, repoussant avec force les images qui ne cessaient de vouloir s’imposer à lui. Il ne voulait pas imaginer Alice avec un autre homme, il ne le pouvait pas. Il s’avança vers elle, le regard toujours ancré dans le sien. « Je ne serais pas en vie si ce n’était pour toi Alice. » Souffla-t-il alors qu’il arrivait tout près d’elle, assez près pour que leurs corps viennent à se frôler. « Si tu n’avais pas fait partie de ma vie, fait partie de moi, je n’aurais jamais trouvé la force de me battre et de rentrer au pays. » Il se souvenait de cette nuit d’embuscade comme si elle s’était déroulée la veille. Il entendait encore les grenades exploser à ses pieds, il revoyait ses camarades, ses frères d’armes, tomber les uns après les autres, et il revoyait le regard perçant de sa femme le guider dans cette enfer, il entendait encore sa voix lui murmurer de lui revenir en vie. Elle était la seule et unique raison de sa survie, et il ne le lui avait jamais dit. Le lui avouer à cet instant n’était sans doute pas la chose à faire, mais c’était le seul moyen qu’il avait trouvé pour ne pas laisser la rage l’emporter. S’il laissait cette image d’Alice et de cet inconnu envahir son esprit et prendre possession de lui alors il ferait et dirait de nombreuses choses qu’il regretterait par la suite, il le savait. « Je sais qu’avoir épousé un militaire t’a forcé à vivre des horreurs que peu ont vécues. J’ai conscience de t’avoir fait traverser l’enfer, à plusieurs reprises. » Il leva une main vers son visage, approcha doucement ses doigts de sa joue et les laissa retomber mollement, bien trop effrayé par ce que ce geste pourrait engendrer. « Je crois que c’est la raison pour laquelle je n’ai pas demandé le divorce plus tôt. La culpabilité. En plus de m’avoir soutenu à chaque instant, d’avoir enduré mille peines sans vaciller, tu as été ma raison de vivre Alice. Et ça, rien ni personne ne pourra le changer. » Il l’avait aimée, d’un amour qu’il ne connaîtrait sûrement plus. Pour lui, chaque histoire d’amour était différente, unique, et jamais il ne cherchait à retrouver ce qu’il avait vécu avec Alice. Pour autant, ce chapitre avait vu sa fin arriver plus tôt que prévu. La vie était ainsi faite. Il avait longtemps cherché à se battre contre ce constat qui lui déplaisait avant de rendre les armes et d’accepter que son amour pour sa femme n’était plus suffisant. « Je suis désolé Alice. » Murmura-t-il sans esquisser un seul mouvement pour s’éloigner d’elle. Parce qu’il savait que si elle avait été amenée à se jeter dans les bras d’un autre c’était entièrement sa faute. Il ne la blâmait pas, il avait simplement nourrit le fol espoir qu’elle soit plus forte que lui-même ne l’était. Mais elle n’était qu’humaine, et pour cette raison il ne pourrait jamais lui en vouloir. Sentence différente pour l’homme qui entrait aujourd’hui dans le tableau. Largo apprendrait son identité, quelques soient les moyens qu’il devrait employer pour ça. S’il s’avérait qu’il était habitant de Tulsa, il lui démontrait proprement le portrait pour avoir couché avec une femme qu’il savait mariée – personne à Tulsa n’ignorait la mariage sulfureux que les deux vivaient. Et si toutefois il y était étranger, Largo lui démontrait tout de même le portrait pour avoir abusé d’une femme vulnérable et brisée. Quoiqu’il en soit, la colère qu’il contenait à cette instant finirait par exploser au visage de quelqu’un…


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MessageSujet: Re: Why can't you want me like the other boys do ? [R]   Mer 11 Juil - 19:00

L e couple Harper avait atteint le point de non retour. Ils ne se comprenaient plus. Quelque part entre son départ pour l’Irak et leurs disputes incessantes, ils sont devenus de parfaits étrangers l’un pour l’autre. Alice avait toujours réussi à deviner ce à quoi pensait son mari. Aussi cliché que cela puisse paraitre, elle savait lire en lui comme dans un livre ouvert, résultat de toutes ses années passées ensemble. Mais dorénavant, elle avait l’impression d’être face à un mur, d’être face à un inconnu qui portait le même nom que l’homme qu’elle aimait, qui renvoyait la même image que cet homme qu’elle connaissait si bien. Elle ne le connaissait plus. Elle était mariée à un étranger. Peut être qu’il avait raison, que le Largo Harper qu’elle avait épousé avait disparu en Irak parce que l’homme qu’elle avait épousé ne serait jamais rester là face à elle sans rien dire alors qu’elle confessait son pire crime. Il aurait crié, peut être donné un coup de point dans un mur. Il l’aurait insulté, lui aurait hurlé sa haine et son dégout. Il ne serait pas resté face à elle impassible.

Quand Alice avait découvert que Largo voyait une autre femme, elle avait saccagé son bureau. La photo, qui trônait fièrement où leurs sourires de jeunes mariés resplendissaient de niaiserie, avait terminé sa course dans un feu de camp qu’elle avait improvisé. Pathétique jusqu’au bout, elle avait retrouvé refuge sur le carrelage de la salle de bain. Réel cliché du moment d’angoisse. Le froid du carrelage avait réussi à calmer la chaleur qui l’habitait, mais elle avait été incapable de bouger pendant des heures. Elle avait été paralysée par le choc de la nouvelle. Elle avait cherché pendant de longues heures à mettre le doigt sur ce qui avait déraillé dans leur mariage. Elle avait passé en revue chacun de ses souvenirs, chaque nuit passé dans ses bras, chaque matin où elle s’était réveillée dans ses bras. Elle avait examiné les moments importants - leur emménagement, leur mariage - et ceux qu’on pense anodin, mais qui ont tout autant d’importance - le rituel du matin, la chorégraphie bien étudiée de la salle de bain. Elle n’avait pas réussi à mettre le doigt sur ce qui avait cloché. Et puis, elle avait compris. Leur histoire n’avait jamais été le problème. C’était elle. Elle n’était pas assez belle, pas assez jeune, pas assez forte. Elle n’était qu’une fille quelconque, dont on veut la présence pour une nuit mais surtout pas pour une vie. En froissant les draps d’une autre femme, Largo avait effacé tout ce qu’ils avaient tenté de construire durant de longues années. A ses côtés, elle s’était sentie forte, confiante, indestructible même. Sans lui, elle n’était rien d’autre qu’une fille pathétique pleurant sur son mariage raté. Elle était restée des heures allongées sur le carrelage de sa salle de bain, anesthésiée par la douleur. Il avait fallu l’intervention de sa mère et ses remarques acerbes pour la faire sortir de sa léthargie. Malgré tout, elle avait toujours cette désagréable impression de vivre en pilote automatique depuis la nouvelle. Elle avait espéré lui faire du mal, le blesser comme lui l’avait fait. Et rien. Il n’avait aucune réaction. C’était bien pire encore. En lui avouant qu’elle avait été voir ailleurs, elle voulait qu’il lui prouve qu’il tenait encore à elle. Naïve. Douce idiote. Et voilà qu’il s’excusait, alors qu’elle devrait être rampante à ses pieds, le suppliant de lui pardonner. « Tu n'es pas en colère ? » demanda-t-elle à bout de souffle, sous le choc de la gifle qu’elle venait de prendre en pleine visage. C’était trop pour son petit cœur fragile. Elle se mordilla la lèvre jusqu’au sang pour ne pas lui hurler dessus une nouvelle fois. Il avait gagné. Elle abandonne, trop KO pour un nouveau combat. Un rire froid, affreusement triste s’échappa de ses lèvres, bien malgré elle. Elle n’avait aucune envie de rire. Ca n’avait rien de drôle. C’était affreusement grotesque. « Ta raison de vivre ? » Des larmes perlèrent dans ses yeux, qu’elle essuya rapidement d’un geste rageur. « Ta raison de vivre ? » répéta la jeune femme d’un ton plus fort, empli de ressentiment. « Pourquoi tu me détestes autant ? Pourquoi tu veux me faire souffrir de la sorte ? » Ses trains se déformaient doucement sous la colère qui tentait doucement de prendre le dessus. Elle avait cherché à comprendre. Elle pourrait accepter ce divorce si elle le comprenait. « Tu n’as pas le droit de me dire que j’étais ta raison de vivre, que je suis la raison de ta présence aujourd’hui et après me dire que tu ne veux plus être mon époux, que tu n’es plus amoureux de moi. » Elle passa une main dans ses cheveux pour tenter de reprendre le contrôle de ses émotions, des battements de son cœur qui battent bien trop vite. « En fait, tu as raison. Ca ne pourra jamais marcher entre nous. J’ai toujours été bien plus amoureuse de toi, que tu ne l’as jamais été de moi. Est ce que t’as jamais été amoureux de moi d’ailleurs ? » Au fil des semaines, elle en était arrivée à cette conclusion. Il ne l’aimait plus, ne l’avait probablement jamais aimé. Elle n’attendait pas une réponse. Elle savait au fond d’elle qu’elle avait raison. Elle avait espéré le contraire, mais elle s’était leurrée. Elle était fatiguée de devoir se battre contre Largo. S’il ne l’aimait pas, il n’y avait rien qu’elle pouvait faire. « Je signerais les papiers du divorce. » déclara-t-elle d’un ton froid, calme et fatigué que peu de personnes lui connaissait. Jeu. Set et match. Largo était vainqueur du grand chelem.

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